ecole-chaouki - approche par compétence1
 
 
GUIDE DE
L'APPROCHE PAR COMPETENCES AU MAROC
 
 
Préparé par :
 

Fatima Assaoui
Mohammed Chetoui
Jamal Chafik
Abdellah Kassi

 
Supervisé par :
Xavier Roegiers
Table des matières
 
 
Avant-propos
3
Pourquoi un guide de l’approche par compétences?
5
L’approche par compétences au Maroc, Effet de mode, choix ou exigence ?
7
L’approche par compétences, de quoi s’agit-il ?
10
L’approche par compétences, d’où vient-elle ?
10
L’approche par compétences, les concepts clés
16
      L’approche par compétences et les théories d’apprentissage 
40
      L’approche par compétences, rupture ou continuité ?
44
      L’approche par compétences, quelle planification ?
45
      L’approche par compétences, convergences et divergences
47
      Elaboration de curriculum en termes de compétences
56
      Approche par compétences et évaluation
60
Conclusion
64
Bibliographie sélective
66
 

 
Avant-propos
 
Le présent document constitue les préliminaires à un des vastes champs de réformes pédagogiques regroupés dans un plan d’urgence intitulé « Programme Najah 2009-2012 » et initiés par le Secrétariat d’Etat Chargé de l’Enseignement Scolaire auprès du Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur, de la Formation des Cadres et de la Recherche Scientifique. Il concerne un élément du projet n° 8 du plan d’urgence caractérisé par le nouveau souffle que les hautes instances ont choisi de donner à la réforme : la mise en œuvre de la pédagogie de l’intégration.
La pédagogie de l’intégration, elle-même conçue comme cadre méthodologique de mise en œuvre de l’approche par compétences, s’inscrit dans le cadre du « Recentrage sur les savoirs et compétences de base ». Ce faisant, elle traduit à la fois la volonté de la société et la politique du gouvernement qui, dans le souci de rendre meilleure la qualité des apprentissages, œuvre pour que soit garantie la maîtrise des savoirs et des compétences de base.
L’approche par compétences et le cadre méthodologique de sa mise en œuvre, la pédagogie de l’intégration, ont pour vocation d’améliorer le système éducatif en répondant au besoin qui se fait sentir quant à l’amélioration des pratiques sur le terrain de la classe, mais aussi à l’encadrement en matière de formation initiale et continue à la pratique l’approche par compétences, formation sollicitée d’ailleurs par l’ensemble des intervenants en éducation.
 L’implantation de la pédagogie de l’intégration est un programme ambitieux qui se veut une locomotive de changement, mais un changement dans la continuité, un changement qui renforce l’existant tout en l’améliorant, tout en le rendant plus efficient afin de combler le retard constaté durant la période d’opérationnalisation de la Charte Nationale d’Education et de Formation.
La mise en œuvre de l’approche par compétences par le biais de la pédagogie de l’intégration, (avec ses deux phases  complémentaires: l’expérimentation et la généralisation) a pour vocation d’orienter la prochaine réécriture des curricula, à l’horizon de 2012, ce qui permettra au système éducatif d’aller davantage vers l’adéquation entre l’éducation-formation et le profil du citoyen marocain/citoyen universel.
Ce projet structurant, inspiré de la Charte, a pour but d’institutionnaliser un cadre de mise en œuvre de l’approche par compétences spécifique au Maroc, tout en s’inscrivant dans le contexte international de cette approche. Il cherche à redynamiser l’école marocaine et à valoriser ses prestations.
Ce document est l’un des quatre guides qui constituent les piliers de la mise en œuvre de l’approche par compétences sur dans le système éducatif marocain :
1.      Guide de l’approche par compétences ;
2.      Guide de la pédagogie de l’intégration ;
3.      Guide de la formation initiale et continue ;
4.      Guide d’évaluation.
Le présent guide s’adresse à tous les acteurs éducatifs. Il cherche à répondre à leurs attentes en présentant l’approche par compétences dans son contexte national et international. En mettant l’accent de manière synthétique et éclectique sur les choix spécifiques au contexte marocain, ce guide se veut à la fois un document de référence et un outil de travail.
 
Pourquoi un guide de l’approche par compétences?
 
De nos jours, on assiste à une pléthore de production en matière d'approche par compétences. Outre les publications et enseignements des éminents chefs de file, la littérature regorge d'interprétations et d'essais de vulgarisation qui sont le fruit d’efforts de vaillants adeptes, professionnels ou amateurs. Les pratiques qui résultent de ce foisonnement, aussi diverses et éparses qu’elles soient, témoignent à la fois de l’existence de convergences et de divergences au niveau des interprétations qui sont à l’origine de plusieurs tendances qui laissent parfois sans réponse certaines questions de praticiens en ce qui concerne la mise en œuvre dans les classes.
L'un des résultats attendus de la publication de ce guide est de remédier à cette situation paradoxalement pléthorique et lacunaire. Concrètement, ce document essaie de répondre aux besoins des acteurs éducatifs des différents paliers décisionnels qui, soucieux de contribuer de manière efficiente à l'amélioration du système éducatif, expriment quotidiennement le souhait de la clarification des champs conceptuels et méthodologiques de l’approche par compétences et de son cadre de mise en œuvre, la pédagogie de l’intégration.
Pour arriver à ses fins, ce guide, s’adressant à tous les acteurs et partenaires du système éducatif afin de les informer et de les sensibiliser, essaie de passer en revue les diverses tendances en matière d'approche par compétences et en matière d’impact de ces tendances sur les curricula en prenant soin de mettre en évidence les points de convergence et d’expliquer les diverses interprétations et les sources de pratiques et positionnements divergents.
Ce guide essaie aussi d’offrir un cadre théorique qui prépare à l’opérationnalisation de la pédagogie de l’intégration conçue comme cadre méthodologique de mise en œuvre de l’approche par compétences dans le système éducatif marocain, et ce, au niveau de l’enseignement/apprentissage et de la formation des acteurs éducatifs.
Par la présentation de ce cadre théorique, ce guide cherche à montrer aux intervenants dans le domaine de l’éducation au Maroc un certain nombre d’arguments en faveur de l’adoption de l’approche par compétences. De même qu’il tente de délimiter le champ conceptuel inhérent à l’approche par compétences afin d’en clarifier les concepts-clés et d’unifier les pratiques éducatives au niveau national, et ce, dans le souci d’améliorer les compétences professionnelles des acteurs éducatifs et, de ce fait, contribuer à l’amélioration de la qualité du système éducatif.
Ce guide se veut donc un document d’appui et un outil de travail pour les acteurs éducatifs qu’il invite à adhérer au changement que nécessite la réforme[1] de l’école marocaine et à participer à l’innovation[2] fortement souhaitable au niveau des programmes et des modèles pédagogiques. L’adhésion et la mobilisation des ressources humaines est indispensable car, en éducation, « un réel changement n’est possible que si les enseignants sont convaincus de son utilité et de la possibilité de le mener à bien »[3].
Ce guide est enfin un document qui, en diffusant l’information et en clarifiant les concepts relatifs à l’approche par compétences, cherche à stimuler la réflexion sur les représentations personnelles de cette approche et à susciter le questionnement sur les pratiques et sur les issues de leur évolution. Par le fait de vouloir présenter un panorama, mais aussi un cadre fédérateur, il vise l’implantation d'une véritable culture de l'approche par compétences qui ne saurait voir le jour sans que soient accordés les violons des représentations et des tendances.
L’approche par compétences au Maroc
Effet de mode, choix ou exigence ?
 
Depuis la fin des années 50, le Maroc a connu une série de réformes éducatives, concernant tant les programmes scolaires que les méthodes pédagogiques, depuis les modèles traditionnels jusqu’à l'approche par compétences, en passant par d'autres approches qui puisent leurs fondements dans les sciences de l’éducation et dans d'autres domaines de la connaissance.
Le début du troisième millénaire coïncide avec l’élaboration et l’adoption à l’unanimité d’un texte qui constitue d’ores et déjà la plate forme pour toute réforme visant l’installation de la nouvelle école marocaine, l’école du troisième millénaire : la Charte Nationale d’Education et de Formation qui traduit la volonté des marocains quant à la rénovation de l’institution éducative et qui définit les orientations philosophiques et les fondements constants du système d'éducation et de formation qui, selon ladite Charte, « doit s'acquitter intégralement de ses fonctions envers les individus et la société »[4] en faisant « avancer le pays dans la conquête de la science et dans la maîtrise des technologies avancées »[5] afin de « renforcer sa compétitivité et son développement économique, social et humain, à une époque caractérisée par l’ouverture sur le monde »[6].
Ce projet sociétal s’est heurté à quelques contraintes qui ont retardé son opérationnalisation, et ce, malgré l’arsenal législatif, la volonté politique et les dispositifs mis en place pour la réussite de la nouvelle mission de l’école. Il en résulte que les réalisations restent en deçà des aspirations de tous, en témoignent les derniers rapports des instances nationales[7] et internationales[8] sur l’état des lieux du système éducatif.
Compte tenu de ce constat, le Maroc choisit délibérément de se mobiliser pour apporter les réajustements nécessaires, d’ouvrir des chantiers qui engagent les différents paliers décisionnels concernés par la gestion du système éducatif (stratégique, organisationnel et opérationnel) et de passer d'une logique de moyens à une logique de résultats, et d'une logique de savoirs ou de contenus à une logique de savoir-agir en situation d’intégration, afin d'améliorer les prestations éducatives et de les rendre plus efficaces et plus efficientes.
Autrement dit, le Maroc exprime sa volonté de se doter d’une « école vivante, grâce à une approche pédagogique fondée sur l'apprentissage actif [], la coopération, la discussion et l'effort collectif »[9], une école qui offre aux individus « l'occasion d'acquérir les valeurs, les connaissances et les habiletés qui les préparent à s'intégrer dans la vie active »[10], une école, enfin, qui fournit à la société « des travailleurs et des cadres qualifiés, compétents et aptes à contribuer efficacement à la construction continue de leur pays, sur tous les plans »[11].
Pour arriver à ses fins, le Maroc choisit d’aller de l’avant et d’entreprendre, en matière d’éducation, un certain nombre de projets structurants. Cela se traduit par un plan d’urgence[12] intitulé « Programme Najah 2009-2012 », conçu pour l’édification de la nouvelle école marocaine.
Parmi les projets adoptés, figure celui de l’implantation effective de la pédagogie des compétences et de la pédagogie de l’intégration qui constitue le cadre méthodologique de sa mise en œuvre. L’adoption de ce projet devrait permettre au Maroc, déjà en mouvement, de repenser les finalités de l’apprentissage en redéfinissant les rôles et places des différents intervenants dans l’enseignement/apprentissage.
Par l’adoption d’un tel projet, le Maroc cherche à s’inscrire dans le contexte international, un contexte qui nécessite des systèmes éducatifs performants, évolutifs et capables de générer non seulement des adultes instruits, mais des citoyens du monde disposant d’un profil international facilitant la circulation des personnes et les échanges économiques et culturels.
Pour relever le défi et répondre aux exigences de la mondialisation, le Maroc choisit de doter son système éducatif d’outils et de moyens susceptibles de le rendre compétitif au niveau international.
 
 
 

Lapproche par compétences, de quoi sagit-il ?
 
Pour répondre à cette question, bon nombre de chercheurs ont consacré une tranche de leur vie et une bonne partie de leur production. Nous pensons, par exemple à Guy Le Boterf, à Jean-Marie De Ketele, à Bernard Rey, à Xavier Roegiers et à d’autres que nous prions de nous excuser si nous omettons de les citer ici. Nous voudrions signaler que ce document s’inspire de l’ensemble des travaux qui font autorité dans le domaine de l’approche par compétences.
 
Lapproche par compétences, doù vient-elle ?
 
 L’approche par compétences dans le monde du travail 
 
Au sein des organisations professionnelles, il est apparu petit à petit qu’on ne pouvait plus gérer une carrière sans se référer aux compétences que celle-ci nécessite. L’action d’un travailleur n’a de sens que par les compétences que celui-ci exerce ou qu’il peut exercer au sein de son organisation. Cette dernière n’a de réelle existence que par la somme, voire l’interaction, de toutes les compétences qui constituent son capital humain[13].  De là, viennent les définitions des profils des compétences. Ces compétences ne se limitent plus à la réalisation unique d’une tâche spécifique, mais à la possibilité pour chaque travailleur d’être autonome dans le cadre de sa fonction, c'est-à-dire de pouvoir résoudre de manière autonome et spontanée toutes les situations qui correspondent à sa fonction, même si une situation particulière n’a pas été prévue.
 
L’approche par compétences dans le domaine de l’éducation
 
A la question « D’où vient la vogue des compétences en éducation scolaire ? », Philippe Perrenoud répond que « la vogue actuelle des compétences s’ancre dans deux constats :
-       Le transfert et la mobilisation des capacités et des connaissances ne sont pas donnés « par-dessus le marché », il faut les travailler, les entraîner. cela exige du temps, des démarches didactiques et des situations appropriées.
-       A l’école, on ne travaille pas assez le transfert et la mobilisation et on ne donne pas assez d’importance à cet entraînement. Il est donc insuffisant. Si bien que les élèves accumulent des savoirs, passent des examens, mais ne parviennent pas à mobiliser ces acquis dans des situations de la vie, au travail et en dehors (famille, cité, loisirs, …) »[14].
 
L’approche par compétence est un nouveau paradigme autour duquel un large consensus a été d’abord établi dans le domaine de l’entreprise et de la formation professionnelle. Il s’est ensuite étendu dans le domaine de l’enseignement, selon des modalités qui tiennent compte des spécificités de ce domaine. Ce choix est argumenté par le fait que l’enseignement par compétences est une approche qui cherche à diminuer la fossé entre la société et l’école en assurant un apprentissage de qualité, durable et transférable dans la vie personnelle, sociale et professionnelle.
En effet, au XXI siècle, ce n’est pas seulement la maîtrise des savoirs qui devient déterminante, mais surtout la manière de les gérer et de les mobiliser. Pour vivre et s’intégrer dans ce monde, une personne devra faire preuve d’un niveau plus élevé de gestion et d’utilisation des savoirs que ceux dont ont eu besoin les générations précédentes. Apprendre devient un défi quotidien. Ainsi, l’école se doit de développer chez les apprenants des compétences qui leur permettent de continuer à apprendre par eux-mêmes toute la vie. Elle doit donc viser un apprentissage durable et transférable.
La question de l’élaboration d’un référentiel de compétences suscite actuellement un très grand intérêt chez les chercheurs en sciences de l’éducation. De ce fait, l’approche de l’enseignement par compétences implique une révision approfondie de la politique éducative en général et une restructuration cohérente du curriculum éducatif dans tous les niveaux scolaires : primaire, secondaire collégial, secondaire qualifiant, universitaire. Cela afin de faciliter l’accès à un apprentissage de qualité, durable et transférable dans la vie personnelle, sociale et professionnelle et, par conséquent, de favoriser efficacement la participation active des futurs citoyens au développement durable de la société et le respect des valeurs sociales relatives à la citoyenneté.
L’approche par compétences repose sur des fondements conceptuels différents du modèle traditionnel de la pédagogie par objectif. Elle considère les savoirs comme des ressources à mobiliser, exige de travailler régulièrement par problème, opte pour une pédagogie qui place véritablement l’apprenant au centre de l’activité d’apprentissage, plutôt que l’enseignant ou les contenus enseignés,. Elle s’articule sur une pédagogie de construction des compétences qui se préoccupe de doter les élèves de moyens d’apprendre, d’apprendre à agir et d’apprendre à être. Elle tend à aller vers un moindre cloisonnement disciplinaire.
De ce fait, plusieurs chercheurs en didactique des sciences appuient l’approche par compétences dans l’enseignement. Pour Jacques Tardif, «  le changement le plus urgent à entreprendre concerne la création d’un curriculum intégré et intégrateur qui met l’accent sur des compétences intégrant, chacune, plusieurs connaissances disciplinaires. Celles-ci permettent de mobiliser les ressources cognitives, psychomotrices et affectives de l’individu pour résoudre une situation problème, et elle a la caractéristique d’être transférée dans d’autres contextes » [15].
 
L’approche par compétence : essai de définition
     
Pour tenter de définir l’approche par compétences, disons tout d’abord que c’est une approche qui, avec la pédagogie de l’intégration comme cadre méthodologique de mise en œuvre, se distingue par une plus grande vigilance, dans la mesure où, par l’intégration de savoirs constamment en évolution, on recherche l’usage de ces savoirs, et donc une efficacité fonctionnelle et actionnelle.
L’approche par compétences est une approche curriculaire qui permet aux élèves de développer des compétences de base à même de les rendre acteurs dans la vie quotidienne, c’est-à-dire des individus capables de résoudre des situations-problème concrètes et réelles en mobilisant des ressources acquises à l’école ou ailleurs. C’est une approche flexible, ouverte sur différentes méthodes pédagogiques. La pédagogie de l’intégration en constitue un cadre méthodologique concret de mise en oeuvre. Elle est essentiellement basée sur l’atteinte, par l’élève, de quelques compétences dites « de base » à chaque niveau d’enseignement.
Selon Xavier Roegiers[16], cette approche consiste à :
-       « Préciser deux ou trois compétences que chaque élève doit avoir développées en fin d’année dans chaque discipline ;
-       En fonction de ces compétences, définir ce que l’élève doit acquérir (savoirs, savoir-faire, savoir-être). Pour l’enseignant, cela constitue les objectifs de son cours et de ses activités ;
-       Puis montrer à l’élève à quoi servent ces savoirs. Par exemple, on ne fait pas la grammaire pour le simple plaisir de faire la grammaire, bien parce que la grammaire sert à lire et à écrire. Cela contribue à motiver l’élève.
-       Enfin confronter l’élève à des situations complexes qui font intervenir ce qui a été appris. Les situations sont proches de situations de la vie de tous les jours. ».
 
Il y a donc des dispositions à prendre  : l’identification et la délimitation des compétences à développer chez l’apprenant, et l’identification des ressources cognitives, procédurales et comportementales nécessaires à ces compétences. Celles-ci doivent être une source de motivation pour l’apprenant qui va pouvoir les réinvestir, les transférer dans diverses situations de la vie. En effet, l’approche par compétence favorise le transfert des acquis qui revêt une importance cruciale dans le processus enseignement/apprentissage.
Pour Jacques Tardif, « il faut que les situations d’enseignement contiennent en permanence des orientations vers le transfert des connaissances et des compétences ». Il ajoute qu’il « est nécessaire que les enseignants traitent les apprentissages en question comme des outils dépassant le contexte de la classe et des environnements pédagogiques »[17].
Dans le même sens, Philippe Perrenoud insiste sur la notion de transfert et déclare que « pour les élèves qui assimilent des savoirs scolaires correctement mais [qui] n’arrivent pas à les mobiliser hors du contexte d’acquisition, l’approche par compétences est un pas en avant décisif, parce qu’elle leur offre l’occasion de travailler ce transfert »[18]
Pour résumer, Xavier Roegiers[19] définit trois objectifs relatifs à l’approche par compétences de base :
-       mettre l’accent sur ce que l’élève doit maîtriser ;
-       donner un sens aux apprentissages ;
-       certifier les acquis en termes de résolution de situations concrètes.
Dans le même ordre d’idées[20], il essaie d’apporter des éléments de réponses à certaines autres questions relatives à cette approche ; par exemple :
-       Quelles compétences faire acquérir aux élèves en langue, en mathématiques, … ?
-       Que veut dire être compétent ?
En langue par exemple, « pour qu’un élève soit compétent pour demander des renseignements par écrit dans une situation de communication » :
-       Il doit connaître le statut de la personne à qui il écrit, du vocabulaire précis, le format d’une lettre, les formules de politesse, les règles d’orthographe … pour cela, il doit acquérir des savoirs.
-       Il doit pouvoir conjuguer les verbes, accorder un verbe avec son sujet, utiliser tous les savoirs en contexte pour exprimer de façon claire et précise sa demande … pour cela, il doit acquérir des savoir-faire.
-       Enfin, il doit s’adapter à son interlocuteur, être courtois et respectueux par écrit, relire spontanément ce qu’il a écrit … Pour cela, il doit acquérir des savoir-être. »[21].
L’élève est appelé donc à réaliser des tâches et à résoudre des situations-problèmes en mobilisant des ressources considérées comme des outils. Le professeur doit non seulement lui donner ces outils, mais aussi lui en montrer l’utilisation.
Pour doter les élèves de ces outils, le professeur est appelé à mobiliser, à son tour, des ressources et à développer certaines compétences professionnelles. Philippe Perrenoud dit qu’il faut « avant tout travailler par problèmes et par projets, donc proposer des tâches complexes, []. Cela suppose une pédagogie active ».
Pour ce chercheur, « le professeur doit cesser de penser que donner des cours est au cœur du métier ! ». Il pense aussi que « travailler le développement des compétences n’est pas une rupture », mais qu’il s’agit simplement d’une nouvelle vision et d’une réorganisation des métiers du professeur et de l’élève appelés tous les deux à agir en situation et à partager les rôles. Pour lui, adopter l’approche par compétences suppose des capacités professionnelles qu’il résume comme suit :  
-       « Savoir gérer la classe comme communauté éducative ;
-       Savoir organiser le travail au sein de plus vastes espaces-temps de formation [] ;
-       Savoir coopérer avec des collègues, les parents, d’autres adultes, [] ;
-       Savoir concevoir et faire vivre des dispositifs pédagogiques complexes ;
-       Savoir repérer et modifier ce qui donne ou enlève du sens aux savoirs et aux activités scolaires ;
-       Savoir évaluer les compétences en train de se construire » [22].
 
Lapproche par compétences, les concepts clés
 
Avant d’esquisser la définition des concepts, signalons tout d’abord que, en approche par compétences, le cheminement de l’apprenant est à l’inverse de celui que font les didacticiens qui ont la lourde responsabilité de planifier les apprentissages, puisque ces derniers partent du point d’aboutissement des apprentissages, à savoir les macro-compétences traduisant le ou les profils recherchés, pour les décomposer en niveaux d’attaque inférieurs (capacités, habiletés, contenus) avant de laisser la voie libre aux pédagogues qui doivent accompagner les apprenants pour la construction de ces mêmes compétences. C’est cet accompagnement, ce coaching, qui donne au concept éduquer le sens que lui confère son étymologie[23]. Pour éduquer conformément à l’approche par compétences, les intervenants dans l’acte d’enseignement doivent avoir cette vision globale et partagée qui les rend conscients du profil souhaité, voire exigé, en fin de parcours. Il est donc impératif de partir des compétences de base dont il faudra planifier la maîtrise progressive, par paliers, à l’aide de stratégies intégratives qui n’excluent nullement les apprentissages ponctuels, mais qui au contraire s’appuient sur ces apprentissages de savoirs et de savoir-faire.
     
Compétence
 
Définition du concept
 
Le mot compétence est un des mots qui ont fait couler beaucoup d'encre au cours de ces deux dernières décennies. Bon nombre de chercheurs ont consacré une tranche de leur vie à la construction du concept. Les acceptions changeaient en fonction d'un certain nombre de considérations dans lesquelles nous ne verserons pas dans ce guide.
Pour certains, la compétence était un ensemble de savoirs, de savoir-faire et de savoir-être. Pour d'autres, il fallait faire figurer la notion de savoirs procéduraux dans le corps de la définition. Pour d'autres encore, la compétence était liée à la professionnalisation et non à l'éducation des enfants. Certains, plus récents, estiment que la situation est le lieu d'exercice et de développement progressif de la compétence.
Les recherches actuelles sont de plus en plus convergentes. Elles mettent en exergue l'aptitude de l'individu, dans une situation donnée, à agir harmonieusement face à un problème donné. Ce faisant, elles atténuent la polysémie qui alimentait le chaos qui régnait dans les milieux scolaires et universitaires. Le Boterf, se situant dans cette lignée, définira la compétence comme " un savoir–agir, c’est-à-dire un savoir-intégrer, mobiliser et transférer un ensemble de ressources (connaissances, savoirs, aptitudes, raisonnements, etc.) dans un contexte donné pour faire face aux différents problèmes rencontrés ou pour réaliser une tâche »[24].
Dès lors, la compétence est perçue comme un tout qui ne saurait être assimilé ni à un agrégat de contenus[25]«  un ensemble ordonné de capacités (activités) qui s’exercent sur des contenus dans une catégorie donnée de situations pour résoudre des problèmes posés par celles-ci. »[27]« un ensemble intégré de capacités qui permet - de manière spontanée - d'appréhender une situation et d'y répondre plus ou moins pertinemment »[28], ou encore un ensemble de « savoir-faire de haut niveau qui exigent l’intégration de multiples ressources cognitives dans le traitement de situations complexes"[29]., ou , ni même à la somme de ces contenus agglomérés en ressources[26], mais comme
Les savoirs s’imbriquent donc les uns dans les autres, de manière intégrée, pour former des habiletés et/ou des capacités qui elles-mêmes s’imbriquent les unes dans les autres pour s’ériger en compétence.
On se gardera de penser que la maîtrise d’ensembles intégrés de ressources cognitives conduit ipso facto à la compétence. Il faudra que ces ressources, même intégrées, soient mobilisées de façon efficiente pour faire face à une ou plusieurs situations significatives données.
Le concept de situation va donner une autre dimension à la compétence qui n’est plus assimilée à des capacités dans l’absolu, mais à des capacités qui s’imbriquent pour trouver des solutions ad hoc, des capacités qui, telles des applications, viennent à la surface spontanément et de manière éclectique et donc efficiente pour répondre hic et nunc à une ou des familles de situations-problèmes. P. Perrenoud dira à ce sujet que la « compétence est une capacité d’action efficace face à une famille de situations qu’on arrive à maîtriser parce qu’on dispose à la fois des connaissances nécessaires et de la capacité de les mobiliser à bon escient, en temps opportun, pour identifier et résoudre de vrais problèmes »[30].
La mobilisation de ressources appropriées devient donc la clé de la compétence, mais elle a besoin d’être spontanée, d’être « un savoir-agir réfléchi [] en vue d’une action finalisée[31]. Ce ne sont plus les montages d’automatismes qu’on recherche, mais le développement d’aptitudes à agir spontanément et de manière adéquate et pertinente face à une situation donnée, ce qui nous fera dire avec Xavier Roegiers que « la compétence est la possibilité, pour un individu, de mobiliser de manière intériorisée un ensemble intégré de ressources en vue de résoudre une famille de situations-problèmes »[32].
D’aucuns pensent que, du moment qu’elle fait appel à l’intégration et à la mobilisation des ressources, la compétence éloigne l’apprenant des sentiers battus et que, de ce fait, elle ne doit pas faire l’objet d’évaluation. Ces allégations fort hasardeuses n’ont aucun fondement scientifique. Bien au contraire, les compétences sont évaluables. Seulement, elles ne sont pas évaluables dans leur globalité, mais à travers des situations complexes. Certaines communautés conçoivent la compétence comme une certification liée à la professionnalisation et fondée sur un répertoire d’emplois et de compétences. Pensons, à titre d’exemples, à l’OCDE ou à l’Union Européenne. Bon nombre d’éminents chercheurs ont mis sur pied des stratégies d’évaluation des compétences ou de l’intégration des acquis. Pensons, à titre d’exemple seulement, à Bernard Rey, à Jean-Marie de Ketele ou à Xavier Roegiers.
A la fin de ce tour d’horizon, et en guise de synthèse, il serait peut-être utile, voire indispensable, de préciser deux points qui


[1] . Xavier Roegiers définit la réforme comme « un changement important apporté à un système éducatif, qui est décidé d’en haut, et qui est généralisé à l’échelle du pays, d’une région, d’une province », ; in Xavier Roegiers, Former des enseignants aujourd’hui, version de travail pour le Maroc, juin 2008, p. 3.
[2] . Xavier Roegiers définit l’innovation comme « un changement qui vient d’en bas », un changement qui « vient d’un groupe d’enseignants d’une école, d’une circonscription », un changement qui « est souvent d’une taille plus petite » ; in Xavier Roegiers, juin 2008 op. cit., p. 3.
[3] . De la transmission des savoirs à l’approche par compétences, in Dossier d’actualité de la veille scientifique et technologique, n° 34, avril 2008.
[4]. Charte nationale d’éducation et de formation, alinéa 7, page 10, COSEF, Royaume du Maroc, janvier 2000.
[5]. Charte nationale d’éducation et de formation, Idem, alinéa 5, p. 10.
[6]. Charte nationale d’éducation et de formation, Idem, alinéa 5, p. 10.
[7]. Rapports de la COSEF et rapport du CSE.
[8]. Rapport de la Banque Mondiale.
[9]. Charte nationale d’éducation et de formation, alinéa 9, p. 11.
[10]. Charte nationale d’éducation et de formation, alinéa 7, p. 10.
[11]. Charte nationale d’éducation et de formation, alinéa 7, p. 11.
[12] . Ce plan d’urgence, intitulé « Programme Najah 2009-2012 », vient d’être présenté aux différents acteurs en matière d’éducation. « Il s’articule autour de quatre espaces de travail identifiés en raison de leur priorité par le Conseil Supérieur de l’Enseignement dans son rapport 2008 sur l’école marocaine ». Pour plus de détail, se référer à la synthèse du plan d’urgence.
[13] Bosman, C. et al., Quel avenir pour les compétences, De Boeck Université, Bruxelles, 2000.
[14] . Perrenoud, Philippe, (entretien avec) , Université de Genève, « Construire des compétences », propos recueillis par Poala Gentile et Roberta Bencini, WWW. (à compléter)
[15] . Tardif, J., Le transfert des apprentissages, éditions Logiques, Montréal (Québec), 1999, p. 145.
[16] . Xavier Roegiers, L’APC, qu’est-ce que c’est ? , EDICEF, 2006, p. 6.
[17] . Tardif, Jacques, 1999, op. cit, p. 19.
[18] . Perrenoud, Philippe., in Bosman, C. et al.,, Quel avenir pour les compétences ? De Boeck Université, Bruxelles, 2000, p. 27.
[19] . Roegiers, Xavier, La pédagogie de l’intégration en bref, document de référence de la formation continue en APC , MEN, Rabat, mars 2006.
[20] . Xavier Roegiers, L’APC, qu’est-ce que c’est ? , op. cit., pp. 7-8.
[21] . Xavier Roegiers, L’APC, qu’est-ce que c’est ? , op. cit., p. 6.
[22] .Perrenoud, Philippe, Concevoir et faire progresser des dispositifs de différenciation, 1997, in L’Educateur, n°13, 1997, pp. 20-25
[23] Emprunté au latin ēdŭcāre (« former », « instruire »), lui-même fréquentatif du verbe ēdūcĕre (« faire sortir », « mettre dehors »), composé de dūcĕre (« conduire », « mener ») avec le préfixe ex-. (Wikipedia)
[24] . Le Boterf  (1994), cité par Xavier Roegiers dans Une pédagogie de l’intégration, De Boeck université, Bruxelles, 2000, p : 65.
[25] . Certains théoriciens vont jusqu’à taxer de « compétences virtuelles » les ensembles de savoirs présentés comme compétences mais qui n’ont pas de lien avec la pédagogie des compétences, faute de cadre méthodologique et de référence théorique.
[26] . Michel Develay, in Pédagogie collégiale (Québec), Vol. 9, n° 1, octobre 1995.
[27]   De Ketele, J.-M. (1996). L’évaluation des acquis scolaires : quoi ? pourquoi ? pour quoi? Revue Tunisienne des Sciences de l’Éducation, 23, p. 17-36.
[28] . Gerard, F.-M. & Roegiers, X. (1993). Concevoir et évaluer les manuels scolaires. Paris-Bruxelles : De Boeck Université.
[29] . Michel Develay, 1995, op. cit.
[30] . Philippe Perrenoud, In Vie pédagogique, n° 112, septembre - octobre 1999, pp. 16-20.
[31] . Michel Develay, 1995, op. cit.
[32] . Xavier Roegiers, Une pédagogie de l’intégration, Compétences et intégration des acquis dans l’enseignement, Editions De Boeck, Bruxelles, 2000, p.
ce tour d’horizon, et en guise de synthèse, il serait peut-être utile, voire indispensable, de préciser deux points qui nous paraissent importants pour toutes celles et tous ceux qui voudraient verser dans le domaine de l’approche par compétences. Ces deux points sont :
-                                                                                                         Les caractéristiques d’une compétence ;
-                                                                                                         Les caractéristiques de l’énoncé de compétence.
 
Caractéristiques d’une compétence
 
Pour distinguer les caractéristiques d’une compétence, nous nous inspirons des travaux de Xavier Roegiers[1]. D’une manière générale, les tenants de l’approche par compétences s’accordent sur les caractéristiques suivantes :
-       Maîtrise de ressources cognitives intégrées et mobilisables en situation, la seule maîtrise de connaissances étant du ressort de « la tête bien pleine » et donc d’une pratique conforme à la logique de contenus ;
-       Mobilisation spontanée et éclectique de ces ressources ;
-       Efficience des ressources mobilisées à propos d’une famille de situations équivalentes ;
-       Résolution finalisée en référence à une famille de situations, dans la mesure où la compétence, prise dans sa globalité, se matérialise par une réalisation qui revêt un caractère finalisé ;
-       Ancrage des tâches intégratives et complexes dans les disciplines ;
-       Réalisation de tâches complexes évaluables à l’aide d’un nombre réduit de critères minimaux[2] servant à déterminer le degré de maîtrise de la compétence et d’un critère de perfectionnement permettant de faire la différence entre la maîtrise minimale et une maîtrise plus élaborée.
 
Je supprimerais cette partie sur les caractéristiques de l’énoncé, car elle me paraît trop technique, et risque de « briser » la lecture.
 
Voici un exemple d’énoncé concernant la compétence de base relative à l’oral pour des apprenants marocains de fin de sixième année du primaire :
« Au terme de la sixième année, face à une situation de communication et à partir d’images et de textes, l’élève produit, à l’oral, un énoncé informatif, descriptif, injonctif et/ou narratif de six phrases, en mobilisant ses ressources relatives aux constituants de la phrase, à l’emploi du passé composé et du futur, à la cohérence chronologique, à la prononciation et à l’intonation »[3].
 
 
Typologie des compétences
 
De nos jours, on assiste à une pléthore en matière d’écrits sur les compétences et leur typologie. La littérature foisonne de nomenclature et de dichotomies qui s’évertuent à éclairer la lanterne des lecteurs, mais qui, artifice du langage aidant, finissent par dérouter les moins avertis. Notre souci est de chercher à isoler le bon grain de l’ivraie, dans l’espoir de fournir un panorama acceptable des types de compétences.
D’une manière générale, et sans trop prétendre à l’exhaustivité, on peut classer les compétences en fonction des critères suivants :
-                                                                                                         Le profil recherché ;
-                                                                                                         La planification du développement des compétences.
 
Classement en fonction du profil recherché 
 
Selon le profil qu’on cherche à avoir à la fin d’une action d’éducation-formation, et donc selon les ressources impliquées et dont on cherche la maîtrise et la mobilisation en situation, on peut planifier le développement de deux types de compétences :
-                                                                                                         Des compétences disciplinaires ;
-                                                                                                         Des compétences transversales.
 
Il faut noter d’entrée de jeu que ces deux catégories de compétences ne sont pas incompatibles. Elles jouent des rôles différents et complémentaires dans les curriculums, et sont aussi importantes les unes que les autres.
Toutefois, si bon nombre de gouvernements assignent à leurs systèmes éducatifs la tâche de développer les deux types de compétences, les compétences disciplinaires prennent aujourd’hui le pas pour des raisons pragmatiques parce que, dans la pratique, ce sont les compétences disciplinaires que l’on évalue principalement.
 
Les compétences disciplinaires
 
Le terme « compétence disciplinaire » est parfois ambigu, et mal compris, car il peut laisser penser que la compétence répond strictement au cloisonnement disciplinaire traditionnel. C’est en fait un raccourci pour désigner « une compétence liée à une discipline ou à un champ disciplinaire », qui n’exclut donc en rien une réflexion sur un nouveau découpage des disciplines et leur réorganisation en champs disciplinaires.
Les compétences disciplinaires peuvent être catégorisées de la manière suivante (De Ketele, 1996) :
-                                                                                                         Des compétences de base ;
-                                                                                                         Des compétences de perfectionnement.
 
Les compétences de base
 
Ce sont les compétences fondamentales ou essentielles ou élémentaires, ou encore clés, dont la maîtrise est indispensable pour un apprenant qui veut aller plus loin dans son cursus scolaire et universitaire. Développées de manière spiralaire, elles permettent d’assurer de manière satisfaisante et autonome la stabilité et la pérennité des acquis et l’édification de compétences nouvelles et/ou de niveau supérieur. Elles permettent aussi et surtout d’agir de façon pertinente dans des situations familières.
 
Les compétences de perfectionnement
 
Ce sont des compétences qui sont liées à une famille de situations nouvelles et beaucoup plus complexes, dont la maîtrise par l’apprenant n’est pas exigée de manière absolue à un niveau donné d’enseignement. Cette maîtrise, se situant au niveau opérationnel, est à l’origine de compétences actionnelles et de stratégies conduisant à plus de perfectionnement et donc à d’éventuelles spécialisations.
 
Les compétences transversales
 
Bien qu’elles soient au service des disciplines, à certains égards, les compétences transversales relèvent de domaines qui dépassent souvent les contextes scolaire et universitaire. Dès qu’il y a mobilisation de ressources relevant de plusieurs disciplines ou de plusieurs champs disciplinaires, on est en présence manifeste de compétences transversales. Malgré l’intérêt et l’importance de ces compétences transversales, leur caractère pluridimensionnel rend la tâche difficile aux éducateurs et aux instances qui s’évertuent, bon gré, mal gré, à évaluer leur maîtrise de manière systématique, alors qu’elles ne peuvent faire l’objet que d’appréciations globales, ne pouvant donner lieu à une certification liée à la professionnalisation au sens large du terme.
Pour une typologie des compétences transversale, les théoriciens s’accordent sur trois catégories qui relèvent des domaines suivants[4]:
-                                                                                                         Domaine du comportemental et du social,
-                                                                                                         Domaine de l’intellectuel, des démarches mentales
-                                                                                                         Domaine des démarches méthodologiques.
 
Domaine du comportement
 
Cette catégorie regroupe tout ce qui a trait aux attitudes de l’individu à l’égard de sa propre personne et vis-à-vis de la société.
Sur le plan individuel, on cherchera à développer l’aptitude à se prendre en charge. Ce qui est visé, c’est la maîtrise de soi et le développement de la confiance en soi, cette confiance qui éveillera la curiosité et qui conduira à la prise d’initiatives ou de décisions, à l’esprit d’entreprise et au goût du risque. C’est en général le domaine du « connais-toi toi-même ».
Sur le plan social, l’accent sera mis sur l’aptitude à s’intégrer et à vivre en harmonie avec la société, c’est-à-dire reconnaître autrui et accepter ses différences, communiquer dans le cadre du respect des opinions, privilégier le travail d’équipe, œuvrer pour l’intégration, lutter contre l’exclusion, .... De même qu’on cherchera à développer l’aptitude à s’assigner un rôle dans la société, un rôle qui permet à l’individu d’être utile à la société.
 
Domaine des démarches mentales
 
Dans cette catégorie on insère des compétences qui sont du ressort de l’activité intellectuelle. Ici, les stratégies mises en œuvre permettront de développer, par exemple, des capacités relatives à la gestion de l’information, de la collecte au stockage, en passant par le traitement, la validation et l’exploitation. Elles visent également l’aptitude à l’investigation, c’est-à-dire à l’édification d’une démarche de recherche intégrant le questionnement, l’anticipation, la planification, la structuration et le transfert des acquis dans des situations nouvelles et singulières.
 
Domaine des démarches méthodologiques
 
C’est le domaine de prédilection de la recherche méthodique de solutions. Les activités menées dans ce cadre permettront de développer des aptitudes liées à l’élaboration, à la présentation et à la mise en œuvre de stratégies de résolution de problèmes. Elles permettront aussi la maîtrise de capacités relatives à la prise en charge de l’autoformation par l’exploitation des enseignements issus de l’expérience personnelle et de l’expérience d’autrui et par la réflexion sur les démarches entreprises par d’autres et la confrontation de ces mêmes démarches à la pratique sociale et à la théorie en vue de leur appropriation et de leur généralisation.
 
Classement en fonction de la planification des apprentissages
 
En approche par compétences, les différents niveaux des cycles du cursus scolaire sont ponctués par des moments d’intégration des acquis suivis de moments d’évaluation de l’intégration et donc d’évaluation formative du degré de maîtrise des compétences de


[1] . Xavier Roegiers, 2000, op. cit.
[2] . Xavier Roegiers propose deux critères minimaux pour les petites classes et trois pour les niveaux avancés.
[3] . Enoncé de la compétence tel qu’il a été produit par les concepteurs de situations dans le cadre du Projet d’expérimentation de la pédagogie de l’intégration conçue comme cadre méthodologique de mise en œuvre de l’approche par compétences, Centre National d’Innovation pédagogique et d’expérimentation, Rabat, juin-juillet 2008.
[4] . Cette typologie s’inspire d’un certain nombre de travaux de chercheurs comme Bernard Rey (Les compétences transversales en Question, ESF éditeur, Paris, 1996), Philippe Meirieu, Michel Develay et d’autres.
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